Métiers actuels et à venir

Oriane, 28 ans, avocate

Ancienne élève du lycée Senghor à Evreux

1/ Tu es avocate : quelles sont les études pour arriver à ce métier ? 

Pour devenir avocat.e, l’étape la plus commune est la faculté de droit. J’étais à la fac de Rouen, où j’ai d’abord eu ma licence (3 ans d’études) : j’ai étudié les bases du droit à travers des matières généralistes et diverses, comme l’histoire et les sciences politiques. J’ai ensuite eu mon master 1 et 2 en droit de l’entreprise (2 ans d’études) où j’ai pu orienter mon parcours et me spécialiser en droit du travail.

La seconde étape pour devenir avocat est le concours du barreau appelé « CRFPA » qui se décompose en deux phases : les écrits en septembre avec 4 épreuves (droit des obligations, procédure, cas pratique de spécialité, note de synthèse) et les oraux en novembre avec 2 épreuves (langue et un grand oral sur les droits et libertés fondamentaux devant un jury de 3 personnes).

Une fois le concours du barreau en poche, il faut s’inscrire à l’école d’avocat (16 écoles en France). Le cursus dure 1 an et demi et se déroule comme suit :

  • 6 mois à l’école d’avocat (cours de déontologie, sur la profession d’avocat, de plaidoirie, sur des matières spécialisées, des séminaires spécialisés…)
  • 6 mois de stage dénommé « projet pédagogique individuel » (dans un tribunal, une entreprise, une association, une collectivité locale…)
  • 6 mois de stage dans un cabinet d’avocat
  • L’examen de sortie comportant des écrits et des oraux portant sur la déontologie et sur les usages de la profession d’avocat.e

2/ Concrètement, que fais-tu ? 

Dans le cadre de mon métier d’avocat, j’ai décidé de me spécialiser en droit social (droit du travail et droit de la sécurité sociale). Je n’ai pas choisi cette matière, elle m’a choisi au travers d’expériences personnelles et familiales. Il s’agit d’une matière complexe car elle change constamment et doit s’adapter aux changements politiques et économiques. Cette matière est également intéressante parce qu’elle s’intéresse à l’un piliers de la vie des femmes et des hommes : leur travail.

Mes journées ne se ressemblent jamais. Au cours d’une même journée, je peux :

  • Faire du conseil pour les employeur.euses et les salarié.es, c’est-à-dire trouver une solution à un problème juridique,
  • Faire du contentieux, c’est-à-dire répondre aux arguments d’un.e employeur.euse ou d’un.e salarié.e dans le cadre d’une action en justice
  • Préparer une formation en droit du travail pour les entreprises,
  • Plaider un dossier devant un tribunal,
  • Effectuer des permanences (garde à vue, hospitalisation sous contrainte, commission de discipline en prison)…

3/ Qu’est-ce que qui te plait le plus dans ton métier ? 

Ce n’est pas ce qui me plais le plus, mais quand on devient avocat.e, on a le droit de se faire tirer le portrait pour le cabinet dans lequel on travaille et avoir une jolie photo comme celle-ci 😉

J’aime mon métier parce qu’il me stimule intellectuellement, je dois sans cesser rechercher des solutions pour mes client.es. Parfois, il s’agit d’un vrai travail de détective puisque la solution n’est pas évidente. Il faut pouvoir trouver le fondement juridique, la solution de jurisprudence qui permettra de donner raison à mes client.es, et de les faire gagner. C’est un challenge intellectuel perpétuel.

Ce qui me plais également c’est la relation qui m’unit à mes client.es. J’ai un rôle d’écoute, je dois les conseiller et les rassurer, et il doit y avoir une relation de confiance, pour que je puisse agir au mieux de leurs intérêts. J’aime ce métier parce qu’en tant avocat.e, je porte la « voix » de mes client.es et je dois plaider leur cause.

Aujourd’hui, Oriane travaille dans un cabinet d’avocat.es à Rouen. Si tu souhaites lui poser des questions sur son métier et son parcours, contactes-nous !


Geoffrey, 27 ans, monteur son

Ancien élève du lycée Senghor à Evreux

1/ Pourquoi as-tu choisi d’entrer à la Fémis et comment as-tu fait ?

Il existe beaucoup d’écoles de cinéma mais elles souvent payantes et ne donnent pas accès à des débouchés professionnels satisfaisants. J’ai donc choisi de postuler à la Fémis car c’est l’une des 3 grandes écoles publiques et gratuites de cinéma reconnues (avec Louis Lumière en Seine Saint Denis et la Cinéfabrique à Lyon). Après un BTS audiovisuel au lycée Pierre Corneille à Rouen, j’ai passé le concours d’entrée qui est ouvert aux Bac + 2. Il y a un concours par département “thématique” (réalisation, scénario, production, image, décor, son, scripte), j’ai choisi le département “son” et j’ai été pris. Pour ceux.celles qui n’ont pas le bac, il existe une autre voie et concours qui s’appelle “La Résidence” qui forme à la réalisation en un an, en collaboration avec les étudiant.es du cursus général et des intervenant.es professionel.les.

2/ Comment se sont passées tes années à la Fémis ?

La scolarité dure 4 ans en moyenne et se compose pour moitié de cours où des professionnel.les du cinéma interviennent et pour l’autre moitié de projets où l’on réalise des films avec les étudiant.es des autres départements. Etant donné le faible nombre d’étudiant.es et le budget important de l’école, du matériel d’exception et des moyens financiers importants sont mis à notre disposition pour la fabrication de films. Nous sommes des promo de 40 environ (6 étudiant.es par département) donc on apprend vite à connaître tout le monde, et le réseau se fait naturellement. Chaque département réalise un voyage d’études à l’étranger : je suis allé en Russie mais d’autres sont allé.es à Pékin, Los Angeles, Tokyo…

3/ Quel métier fais-tu aujourd’hui ? A quoi ça ressemble ?

J’exerce plusieurs métiers du son au cinéma, mais celui qui m’occupe la plupart du temps est celui de monteur son. Le montage son est une étape très créative, mais aussi un lieu d’échanges et de dialogue avec les autres postes de la post-production (ce qui se passe après le tournage d’un film). Concrètement, je récupère le travail du monteur.euse, qui a travaillé majoritairement à partir des sons enregistrés sur le plateau par le.la chef.fe opérateur du son (principalement les dialogues) et de musiques temporaires. Le montage son commence par une étape de montage paroles (souvent effectuée par un.e monteur.euse son spécialisé), qui consiste à organiser et nettoyer les sons directs, c’est-à-dire les sons enregistrés sur le plateau. Le monteur.euse son crée ensuite l’univers sonore du film (ambiances, effets ponctuels…) en collaboration avec le.la réalisateur.rice, et récupère les bruitages et musiques définitives.

Il fournit ensuite ce travail au mixeur.euse qui va apporter son propre regard sur le film et hiérarchiser tous les éléments sonores du film. En tant que monteur son, je suis aussi présent lors du mixage.

La plupart du temps, je travaille dans des studios que la production me propose : je navigue donc de studios en studios à Paris. Un studio est une pièce insonorisée, avec un grand écran pour projeter l’image du film et 5 ou 6 enceintes (voir ci-contre)

4/ Tu es intermittent : comment ça fonctionne ?

L’intermittence concerne quasiment toutes les personnes qui travaillent sur un film : technicien.nes, acteur.rices etc… Le principe est simple : nous ne travaillons pas en continu car nous enchaînons des projets différents toute l’année. Ces projets peuvent durer d’une journée à plusieurs mois. Pour pallier les périodes non travaillées, nous recevons une indemnité. Pour débloquer ces droits, nous devons travailler 507 heures par an chaque année pour des sociétés de production de cinéma ou télévision.

Je trouve facilement des projets grâce à mon réseau : il n’existe pas de sites d’offres d’emploi dans ce milieu professionnel, il faut donc cultiver son réseau ! Le fonctionnement du monde du cinéma a des impacts sur nos vies personnelles : c’est très difficile de prévoir à l’avance (des vacances par exemple). Ce n’est pas rare qu’on m’appelle la veille pour le lendemain ! Il faut donc savoir gérer son emploi du temps et accepter le fait qu’il faut savoir se rendre disponible.

Si tu souhaites en savoir + sur le métier et le parcours de Geoffrey, contactes-nous ! 🙂